Pourquoi les unités opérationnelles utilisent-elles différents types de plaques balistiques ?
- TACTICAL GEAR

- 1 janv.
- 3 min de lecture

Stand Alone vs ICW : deux approches tactiques de la protection balistique
Le choix d’une plaque balistique ne se résume jamais à une simple question de niveau de protection. Stand Alone (SA) ou ICW (In Conjunction With), chaque solution répond à des contraintes opérationnelles bien précises : type de mission, durée de port, menace rencontrée et environnement d’engagement.
Plaques Stand Alone (SA)
Les plaques Stand Alone sont conçues pour offrir une protection balistique complète sans gilet souple en complément. Elles intègrent directement l’ensemble des couches nécessaires à l’arrêt des projectiles.
Plus épaisses et généralement plus lourdes, elles offrent en contrepartie une grande flexibilité d’emploi : elles peuvent être portées seules dans un porte-plaques, y compris sur une simple chemise de combat.
Idéal pour :
unités militaires
configurations modulaires et évolutives
missions où le port d’un gilet souple serait contraignant ou excessif
Plaques ICW (In Conjunction With)
Les plaques ICW sont conçues pour fonctionner uniquement en complément d’un gilet souple, généralement de niveau HG2. Elles ne peuvent pas être utilisées seules.
Grâce à cette combinaison, elles sont plus fines et plus légères qu’une plaque Stand Alone de niveau équivalent, tout en offrant une excellente protection contre les menaces balistiques supérieures.
Idéal pour :
forces de police portant déjà un gilet au quotidien
montée en protection ponctuelle sans modifier toute la configuration
maintien d’un bon confort sur des durées prolongées
Les vrais facteurs qui déterminent le choix
1. Le profil de menace
Police urbaine
Menace principale : armes de poing
Solution : gilet souple HG2 en port permanent + plaques RF1 en alerte
Objectif : confort quotidien avec capacité de montée en puissance rapide
Unités d’intervention (RAID, GIGN, SWAT)
Menace : fusils d’assaut, calibres perforants, tirs rapprochés
Solution : plaques céramique ou hybrides RF2 / RF3 + protections latérales
Objectif : protection maximale face aux menaces les plus probables
Unités militaires projetées
Menace mixte : armes longues, éclats, IED, tirs à longue distance
Solution : plaques RF1 ou RF2 selon le théâtre d’opérations, avec forte robustesse et compatibilité MOLLE
Objectif : équilibre entre protection, mobilité et endurance sur la durée
2. Le dilemme mobilité vs protection
Chaque niveau de protection supplémentaire implique :
plus de poids
plus d’épaisseur
plus de fatigue
Sur une mission de 10 heures, avec arme, radio, eau et munitions, la différence entre :
une plaque acier (≈ 3,2–3,6 kg / 7–8 lbs)
et une plaque céramique (≈ 2–2,5 kg / 4,5–5,5 lbs)
devient rapidement déterminante pour l’endurance et la vitesse d’exécution.
Certaines unités acceptent donc un niveau légèrement inférieur afin de préserver mobilité, réactivité et efficacité globale.
3. Durée de port et type de mission
Patrouille longue durée / maintien de l’ordre→ priorité au confort, à la respirabilité et à la gestion thermique
Assaut court et intense→ probabilité élevée de contact→ plaques très protectrices acceptées, même au prix d’un surpoids
4. Environnement et contraintes logistiques
Climats chauds : matériaux résistants à la chaleur, poids optimisé
Milieux maritimes : intérêt des plaques PE pour leur flottabilité
Budget :
acier → solution économique et durable
céramique → performances élevées mais coût supérieur

Trois scénarios concrets d’emploi opérationnel
1. Patrouille urbaine
Gilet souple HG2 porté en permanence
Plaques ICW RF1 ajoutées uniquement en cas d’alerte terroriste
Objectif :Assurer un confort quotidien optimal tout en conservant une capacité de montée en puissance immédiate face à une menace exceptionnelle.
2. Section d’infanterie en OPEX
Porte-plaques équipé de plaques Stand Alone RF2 (céramique + PE)
Side plates intégrées selon le niveau de menace
Configuration adaptée aux contraintes climatiques du théâtre d’opérations
Objectif :Encaisser efficacement la menace fusil tout en préservant la mobilité, l’endurance et la capacité de manœuvre sur des missions prolongées.
3. Unité d’intervention spécialisée
Éléments d’assaut : plaques RF2 légères pour maximiser la vitesse et l’agilité en CQB
Éléments d’appui : plaques RF3, plus lourdes, destinées aux positions exposées ou fixes
Objectif :Adapter le niveau de protection au rôle tactique de chaque opérateur, et non imposer une configuration unique à toute l’unité.
Conclusion : il n’existe pas de « meilleure » plaque balistique
Le choix d’une plaque balistique ne consiste jamais à sélectionner la protection la plus élevée possible.Il s’agit toujours d’un compromis rationnel entre :
le niveau réel de menace
la mobilité tactique
la durée de mission
l’environnement d’engagement
et les contraintes budgétaires
Une unité qui privilégie des plaques RF1 légères en céramique plutôt que des RF3 lourdes en acier n’est pas moins professionnelle.Elle a simplement analysé son profil de risque et optimisé sa capacité opérationnelle globale.
Chez Tactical Gear, nous considérons que la meilleure protection est celle qui permet à l’opérateur de rester efficace, mobile et endurant, là où il est réellement engagé.



Commentaires